Depuis la fin de l’année dernière, comme tous les ans, près de 1 400 nouveaux avocats ont débarqué sur le marché parisien. Au niveau national, ce sont entre 3 000 et 3 500 robes noires sorties de l’école qui tentent de trouver leur place annuellement. Les jeunes avocats expriment  une amertume croissante quant à leurs revenus : 40 % des sortants de la dernière promotion perçoivent actuellement une rémunération hors charges professionnelles (qui avoisinent 40 %) inférieure à 3 300 euros. Si bien qu’environ 30 % des jeunes avocats quittent le barreau pour l’entreprise au bout de quelques années.

« Aidés par leurs aînés, notamment à Paris, ils sont toutefois de plus en plus inquiets de la baisse de leurs revenus.

Ils n’ont pas voulu voir figurer le nom de «pépinière» à la porte des locaux fraîchement aménagés par le Conseil de l’ordre de Paris, dans le Xe arrondissement. Non, les jeunes avocats, tout juste sortis de l’école ou entre deux «collaborations», à qui sont destinés ces bureaux ultramodernes, ne voulaient pas être stigmatisés comme des «débutants» alors que les mauvaises langues parlaient déjà de la «pouponnière» du barreau

Depuis la fin de l’année dernière, comme tous les ans, près de 1 400 nouveaux avocats ont débarqué sur le marché parisien. Au niveau national, ce sont entre 3 000 et 3 500 robes noires sorties de l’école qui tentent de trouver leur place annuellement. La paupérisation des cabinets n’a visiblement pas découragé les vocations. En novembre dernier, le futur bâtonnier de Paris, invité par l’Institut d’études judiciaires de Paris-II, a pourtant redit aux étudiants de droit toutes les difficultés du métier… En vain. Cette année encore, les inscriptions dans les écoles ont augmenté de 7 % au niveau national. En forme de réponse à la question, récurrente, de la régulation des flux de la profession, l’École française du barreau (EFB), qui forme les avocats parisiens – le barreau de Paris rassemblant la moitié de la profession sur le plan national – a réalisé un suivi de ses élèves à leur entrée sur le marché du travail. 1 072 élèves, sur les 1 377 que comptait la promotion «Abdou Diouf» sortie à l’automne dernier, ont répondu au sondage de leur école réalisé en février. 70 % d’entre eux ont trouvé un cabinet d’accueil, et exercent donc en tant qu’avocat. 16 % ont déclaré ne pas travailler encore, tandis que les autres se sont tournés vers une autre profession, ou continuent leurs études.

Bien sûr, les statistiques étaient meilleures avant la crise : 92 % de la promotion «Christine Lagarde», les élèves diplômés en 2007, avaient trouvé un emploi au 15 janvier de l’année. «Cela veut dire que, sans la crise, la profession absorberait sans aucun problème tous nos jeunes diplômés», estime le directeur de l’école, Gérard Nicolaÿ. D’autant que les deux tiers des élèves se destinent au droit des affaires, un secteur particulièrement affecté par le ralentissement économique, surtout à Paris. Seuls 10 % à 12 % des futurs conseils s’inscrivent au cours optionnel de droit de la famille. «Pourtant, insiste le directeur, c’est une matière d’avenir. Il n’y a pas de raison que les Français dépensent de 3 000 à 20 000 euros dans une cuisine, mais ne soient pas prêts à mettre 2 000 euros dans leur divorce !»

Malgré tout, les jeunes avocats expriment, eux, une amertume croissante quant à leurs revenus : 40 % des sortants de la dernière promotion perçoivent actuellement une rémunération hors charges professionnelles (qui avoisinent 40 %) inférieure à 3 300 euros. Si bien qu’environ 30 % des jeunes avocats quittent le barreau pour l’entreprise au bout de quelques années.

Laurence De Charette »

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