« Le «vice-batonnat» inventé par Jean Castelain pour son coéquipier est devenu une institution.

Désormais, c’est à deux que l’on se présente à la tête du barreau de Paris. Le couple Jean Castelain-Jean-Yves Leborgne, ticket gagnant des dernières élections, a fait des émules. Le «vice-batonnat» inventé par Jean Castelain pour son coéquipier est devenu une institution.

Six candidats, regroupés en trois tandems, font aujourd’hui campagne pour conquérir la direction du Conseil de l’ordre de Paris, le barreau de loin le plus influent de France, puisqu’il regroupe près de la moitié des avocats de France.

Avec un budget de près de 60 millions d’euros et quelque 350 salariés, l’ordre parisien est une prestigieuse machinerie très convoitée.

Longtemps les bâtonniers ont été des avocats connus souvent issus du barreau «traditionnel». Cette fois, la campagne se distingue par la présence de couples atypiques de candidats.

Pierre-Olivier Sur et sa colistière Catherine Paley-Vincent forment sans doute la paire la plus proche du modèle «classique»: pénaliste connu, Pierre-Olivier Sur milite pour des thèmes politiques et grand public comme la présence de l’avocat en garde à vue, ou la défiscalisation des honoraires des avocats pour les particuliers. La présence d’une femme à ses côtés doit lui permettre de s’attirer les bonnes grâces du barreau féminin -on prête aux avocates parisiennes un vote féministe.

Car ce sont des femmes qui ont pris la tête des deux autres paires en lice. Brigitte Longuet, épouse du sénateur UMP, veut pousser les avocats hors des salles d’audiences. Pour une partie du barreau, c’est une petite révolution… Accompagnée d’Hervé Chémouli, autre spécialiste du droit de l’entreprise, elle affiche un discours libéral. «Toute une partie de l’économie se développe sans les avocats, qui devraient pourtant en être les piliers», explique-t-elle. Exit l’avocat de contentieux, plaidant en robe noire à la barre du tribunal, place au développement du conseil, à l’avocat lobbyiste, agent de sport, ou mandataire en transaction immobilière. Fini les petites structures, l’heure des regroupements a sonné, estime-t-elle.

Fédérer les «barreaux»


Le langage de Christiane Féral-Schuhl, leader du troisième couple candidat, est également nouveau pour beaucoup de votants. Elle parle nouvelles technologies, sa spécialité, et son vice-bâtonnier en puissance, Yvon Martinet, exerce aussi dans un domaine émergent: c’est un pionnier du droit de l’environnement et du développement durable. «C’est vrai, nous avons des profils de candidats assez nouveaux, concède-t-elle, mais tous les avocats ne font pas du pénal.» La candidate a compté que près de la moitié des avocats du barreau de Paris sont aujourd’hui âgés de moins de 40 ans… et mise sur eux.

La difficulté des concurrents est en effet de fédérer les différents «barreaux» présents à l’intérieur du barreau de Paris: pour être élu, il faut concentrer le vote des avocats exerçant en individuel ou dans de petites structures, encore largement majoritaires en nombre, mais aussi ceux du barreau d’affaires, travaillant dans les grands cabinets -souvent anglo-saxons- et dont les problématiques, voire le métier, sont très différentes. Séduire les responsables des grands cabinets est d’autant plus important que le vote de leurs membres est souvent «groupé»- les troupes suivant globalement la bannière de la direction. Depuis quelques semaines, et jusqu’à l’automne prochain, les candidats multiplient les réunions publiques et les cocktails. »

Source : lefigaro.fr

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